Alexis Royet : « Ce sport a une très grande place dans ma vie »

Joueur et membre du staff du HC Cournon d’Auvergne, Alexis Royet nous a accordé une interview sur son quotidien au club et sa passion pour ce sport qui représente une très grosse partie de sa vie : le Handball.

Bonjour Alexis, tout d’abord, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? (Parcours dans le hand comme en dehors du sport)

Bonjour, Alexis, 29 ans, mon parcours en dehors du sport est assez lié avec le handball. Je pratique depuis 2006 en tant que joueur et j’ai commencé à encadrer en 2008. En tant que joueur, j’ai eu la chance d’intégrer la section sportive et de jouer ma dernière année de -18 ans en championnat de France. Puis après, j’ai fait les choses par étape. J’ai intégré les seniors en jouant en équipe 3, puis j’ai gravi les échelons petit à petit pour finir dans le groupe en National 3. Puis un départ au Stade Clermontois, où j’ai eu la chance de participer à la montée d’excellence à pré national puis pré national à National 3. Et me voilà de retour à Cournon où mon rôle de joueur a une moindre importance. Quand je suis disponible, je joue en équipe 2 sinon je joue en 3. Je reste un compétiteur, mais le coaching a pris le dessus.

A côté de tout ça, j’ai obtenu un BPJEPS sports collectifs mention handball en 2011 après un échec à l’UFR STAPS. Et je viens de valider mon DEJEPS handball il y a peu. Entre temps, j’ai eu la chance d’avoir ma propre société, mais aussi durant 3 ans j’ai été assistant d’éducation au Lycée Marmilhat de Lempdes. J’ai aussi été salarié du club de Cournon pendant un an. J’ai eu l’occasion d’entraîner à peu près chaque collectif (du baby hand aux seniors, compétition et loisir) donc j’ai l’expérience d’entraîner des filles, des garçons, des petits et des grands. Ça m’a permis de savoir là où je m’épanouis le plus.

Pourquoi te consacrer autant à cette discipline ? Qu’est-ce que tu aimes dans ce sport ?

Parfois je me pose cette question… C’est quelque chose qui a une très grande place dans ma vie. Je dirais que c’est comme une histoire d’amour passionnelle. Ça vous tombe dessus d’un coup, puis parfois, tu remets les choses en question, parce que ça demande beaucoup de sacrifices notamment du côté de la famille… Mais finalement tu te rends compte que c’est ce qui te fait avancer.

Ce sport a été, pour moi, ce qui m’a permis de me construire en tant que personne. Il véhicule de belles valeurs (respect, effort collectif, entraide, dépassement de soi et j’en passe…). Je me retrouve là-dedans, et j’essaye aujourd’hui de transmettre ces valeurs aux jeunes que j’encadre.

Mais aussi et simplement parce que je prends du plaisir à jouer et à entraîner. Ce sport est spectaculaire, beau à voir. On s’ennuie rarement devant un match. Il y a toujours des buts ou des arrêts, toujours une ou deux actions spectaculaires. Il suffit de venir voir jouer Lucas Croenne ou Maxime Bouquet en N2 pour s’en rendre compte.

Cette année, tu es de retour au HC Cournon d’Auvergne. Pourquoi avoir quitté le Stade Clermontois et être revenu dans ton ancien club ?

Je ne vais pas faire de langue de bois. Il y a 4 saisons, je suis parti de Cournon un peu précipitamment. Après une dizaine d’années, je n’étais pas en phase avec certaines choses au club et j’avais envie de voir d’autres choses. Je suis parti de Cournon où mon objectif était de jouer en National 3 au Stade Clermontois pour évoluer en excellence régionale….

J’y suis allé pour retrouver quelques copains et moins « me prendre la tête ». Mais finalement, quand on est compétiteur… Même au Stade j’ai joué à fond. Au bout de trois ans, les relations avec le club n’étaient pour moi plus bonnes et ça s’est mal terminé. Quand le plaisir n’est plus là, il ne faut pas insister.

De l’autre côté, au HCCA Simon Malgat, Victor Malgat, Valentin Akil, Fanny Dauzat, Coraline Gimenez qui sont restés des amis mais aussi Jason Servans que je connais depuis qu’il est en – 12 ans qui est comme un petit frère pour moi, m’ont motivé à revenir. Je reconnais que chaque fois que j’étais de retour à Boisset on me demandait quand je revenais, ça fait forcément plaisir. Et le club a cru en moi en me proposant d’encadrer le groupe -18 France. Le retour était une évidence pour moi. Je suis content et reconnaissant que le club ait accepté mon retour car nous nous étions quittés sur des « non-dit ».

Je tiens à terminer cette question par quelque chose qui me tient à cœur à ce sujet. Je ne regrette aucun de mes choix. Mon départ de Cournon m’a permis de voir d’autres choses, de découvrir ou redécouvrir des gens supers (je pense notamment à Hugo Garcia ou Antoine Fichot, mais aussi à des mecs comme Stéphane Vernet, Sammy Roussel, Joel Prevost et les « bron ») ainsi que des supers gamins que j’ai pu entraîner. Et mon travail au Stade m’a permis d’avancer professionnellement.

Mais mon départ du Stade non plus je ne le regrette pas, je n’ai jamais triché là-bas, malgré les difficultés. Je leur souhaite réellement un maintien et de continuer à se développer. J’ai œuvré trois ans pour ça et je serais triste que cela s’arrête.

Quels sont tes ambitions à l’avenir dans le monde du Handball ?

Je suis quelqu’un qui aime le défi. Je réalise mon premier gros défi : entraîner des -18 CF. Je ne m’interdis rien. Mais j’aime le travail autour de « l’excellence ».

Mon ambition est de faire en sorte que dans chaque collectif où je passe, ils ressortent avec des valeurs et une plus-value handball. J’aimerais continuer à me former dans divers domaines pour être plus performant en tant qu’entraîneur car c’est un métier complet et complexe. Rajouter des cordes à mon arc et ainsi être plus précis et travailler encore mieux. Mais j’aimerais aussi enfin en vivre pleinement. C’est le défi qui arrive.

Au-delà de ça, c’est surtout continuer à développer le handball Auvergnat, jadis moqué, un gros travail est réalisé dans beaucoup de clubs, à la ligue, aux comités. Je veux faire partie de ce développement. Accompagner les jeunes joueurs vers le bon voire très bon niveau. Et pourquoi pas quelques-uns vers le haut niveau. Ce serait une fierté. Et si grâce à mon rôle auprès de Karim El Maouhab, je peux aider l’équipe 1 à se maintenir rapidement, j’en serais ravis.

Entraîneur des -18, comment gères-tu autant de joueurs ? Raconte-nous une semaine type pour toi au HCCA.

Ce n’est pas de tout repos ! Je suis en charge du bon fonctionnement de la filière -18 ans masculin. Donc trois équipes et plus de 50 joueurs potentiels.

Malgré les passerelles qui existent, il faut quand même nuancer le groupe championnat de France et les deux autres équipes.  Je gère les deux choses différemment. L’équipe CF est principalement alimentée par des joueurs pôle espoir ou section sportive que je n’entraîne que le vendredi. Alors que les autres sont présents deux fois par semaine au club.

Une semaine type :

On va dire que ma semaine commence dès que le match du weekend est terminé. Comme je fais filmer tous les matchs, je visionne le match et je fais des statistiques (très souvent dans la nuit de samedi à dimanche…). Puis le dimanche soit je coach encore, soit je joue, soit je souffle un peu.

Le lundi, je m’occupe des retours individuels. Chaque joueur de CF doit faire un bilan de son match. Je le lis et leur répond individuellement sur ce que je pense de leur match (positif ou négatif) et les axes de travail. Pour les joueurs du pôle, ça permet au staff du pôle d’avoir un retour sur le comportement des joueurs (et ils font l’inverse avec le comportement des joueurs la semaine).

Puis je prépare la séance – 18 ans 2 et 3 pour aller l’animer avec Jason Servans, Guillaume Berne et Jonathan (préparateur physique). J’enchaîne avec un entrainement en tant que joueur avec le groupe N2.

Le mardi c’est « repos », je vais assister Karim à entraîner le groupe N2 (notamment les gardiens Théo Karoubi et Simon Malgat, et parfois les ailiers Lucas Croenne, Lois Antignac-Girodet, Maxime Bouquet et Kevin Bocanegro et les pivots Victor Malgat et Thibault Valdivia-Cano sur du spécifique) puis j’ai entrainement avec l’équipe 2.

La journée, j’en profite pour préparer le match de CF du week-end et aussi pour faire, quand c’est possible, un découpage vidéo pour Simon et Théo de leur prestation du week-end ou des tireurs du week-end qui arrive.

Le mercredi, une nouvelle séance – 18ans 2 et 3, construite avec Simon et animée avec lui et Guillaume.

Le jeudi, réunion avec Éric Brosset (représentant du pôle), Xavier (représentant de la section et -16 Aura et Club), Karim (représentant Club et National 2), Léo Chabanis (représentant -16 Aura) et moi-même (représentant 18 CF). Ici, l’idée est de trouver une solution pour travailler tous ensemble afin que les joueurs soit d’une part entraînés de la meilleure des manières possibles et d’autre part, qu’ils aillent jouer (ou non) dans l’équipe la plus cohérente par rapport à leur niveau et leur investissement.

C’est une réunion capitale pour moi, elle me permet de savoir comment se comportent « mes » joueurs. Nous créons des passerelles pour que chaque joueur s’entraîne correctement et dans un créneau adapté. Je suis content de voir que les choses évoluent dans les relations entre toutes ces institutions qui pourraient faire leur truc chacun de leur côté mais préfèrent aller dans la même direction. Il y a encore du travail mais on est en bonne voie.

Puis j’observe une séance section sportive à 19h pour assister Damien Chastel dans une séance pôle. Ça me permet d’être un peu au contact de certains joueurs sans interférer avec la séance du pôle pour autant. Mais aussi d’apprendre encore de Damien qui a été mon tuteur durant mon DE. J’enchaine ensuite avec la séance de N2 comme le mardi.

Le jeudi soir, suite à la réunion, je défini un groupe CF élargi (15-18 joueurs) pour l’entrainement du vendredi. Ceux qui ne sont pas dans le groupe sont repartis dans les équipes 2 et 3. Je propose des choses qui sont validées par Guillaume, Simon et Jason car ce sont eux qui gèrent le coaching des deux équipes.

Le vendredi je prépare ma séance, parfois aussi une séance vidéo avant l’entrainement. On fait les réglages pour le match à venir.

En fin d’entrainement, je donne la liste des 12 joueurs de CF et les autres jouent en équipe 2. On parle organisation avant que je les libère. J’enchaine avec la N2 pour après m’entrainer avec l’équipe 2.

Le week-end : compétition. Une semaine riche et il faut ajouter à ça, le relationnel avec les parents, certains joueurs etc.  Puis les aléas d’un entraîneur de club.

En résumé, la difficulté, c’est qu’il y a beaucoup de joueurs, beaucoup d’intervenants…. Et je dois composer une équipe avec des joueurs que je n’ai qu’une fois par semaine… Il y a beaucoup de confiance, d’observation et d’échange. C’est très différent de ce que je faisais auparavant.

En charge des -18 championnat de France, que penses-tu de ce début de saison ? En phase avec les objectifs du club ?

En phase avec les objectifs du club mais aussi en phase avec l’objectif des joueurs. Nous voulons tous aller en poule haute et nous sommes en passe d’atteindre l’objectif sportif.

Je mets un bémol sur mon objectif, qui est d’être compétitif en poule haute. Actuellement, les joueurs ne sont pas prêts. Mais, ils vont dans la bonne direction, ils travaillent tous beaucoup. Ils font de gros sacrifices.

Pendant que les copains sont à la plage en Août, ils sont déjà en train de bosser. Pendant que les copains ont deux semaines de vacances, ils en ont une et une semaine de stage.  Pendant que les copains profitent du week-end, ils ont un match à jouer et une fois sur deux, ça leur prend la journée avec le déplacement. Mais c’est le choix qu’ils ont fait en voulant jouer en CF. C’est une expérience unique que seule une minorité de joueurs à la chance de vivre.

Ils ne leur manquent pas grand-chose pour être prêts. Un petit déclic de leur part et un peu plus d’application collective. Mais je suis fier de mon groupe. Il vit bien et joue bien.

T’attendais-tu à de tels résultats dès le début ou c’est finalement logique de retrouver ce groupe à la deuxième place du championnat ?

Premièrement, je débute à ce niveau donc difficile d’évaluer le niveau du groupe mais surtout le niveau de la poule et du championnat de France actuel. Donc un peu d’appréhension. De plus, je succède à Felix Roussel et Xavier Feyssous qui ont fini Vice-Champions de France du challenge… Rien que ça. Mais le groupe a peu changé donc je me suis appuyé sur l’excellent travail déjà fait.

On commence la saison dans le dur… Un match nul, deux blessés… Téo Bugeia qui survolait le secteur offensif durant la prépa et Elie Rozier, pièce maîtresse de la défense et capitaine. Mais le groupe a du caractère. Depuis, une seule défaite logique contre Lyon et mis à part un match nul contre Tassin que l’on aurait dû éviter, le reste, on est dans les clous. J’ai pu intégrer des joueurs comme Eliott Marion qui ne cesse d’étonner. Mais aussi Mathieu Skalski, joueur -16 ans mais qui prouve à chaque match qui a de l’avance sur son âge, il fait déjà très mal. Si on prend en compte tout ça, une deuxième place, c’est très bien.

Mais l’exigence que j’essaye de leur demander fait que si on avait été cohérents face à Tassin, nous pourrions jouer la première place face à Lyon chez nous. Ça nous apprend que les détails sont importants quand on veut être performant. Après il faut être lucide, même si comptablement nous avions la possibilité de jouer la première place, nous avons perdu de 8 buts à Lyon, et ils nous ont montré qu’on avait encore du travail… La seconde place est logique.

Ce week-end, c’est le choc de cette première phase de championnat. Vous recevez Lyon-Caluire, le leader invaincu. Comment abordes-tu cette rencontre ?

Avec ambition, mais sans pression. Je leur ai donné des objectifs à réaliser pour accéder à la poule haute, ils sont quasiment tous respectés. Et notre qualification est acquise puisque nous avons 20 points. Donc même avec deux défaites nous serions à 22 points. Bourgoin ne pourra pas nous prendre la 3ème place. Mais nous ne souhaitons absolument pas laisser Saint-Etienne nous passer devant.

Lyon n’est clairement pas un objectif comptable. C’est une équipe solide qui dispose de belles qualités dans tous les secteurs de jeu et à tous les postes. Ils sont invaincus. En revanche, à domicile nous souhaitons rester invaincus. Et j’espère que les joueurs auront un peu d’amour propre et auront à cœur de faire mieux. Sans parler de résultat, ne pas subir mais être dans le match, exister et jouer avec nos points forts. J’espère qu’on fera un gros match ce week-end !

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Crédit photo : Site officiel Handball Club Cournon d’Auvergne / Micaela Ferreira

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