Rémi Samson-Zellner : « L’ADN de notre projet de jeu est construit sur une volonté collective de ne pas prendre de but »

Fils de Maurice Zellner, international français, ancien président de l’US Ivry Hand et désormais au Livradois Forez Handball Club, Rémi Samson-Zellner est passé par Courpière dans sa jeunesse avant de partir pour les études. Désormais, il est à la tête de l’équipe première d’Angoulême, une formation évoluant en Nationale 1, avec des ambitions de jouer la montée en D2, un peu à l’image du HBCAM63.

Bonjour Rémi, tout d’abord, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? (Parcours dans le hand comme en dehors du sport).

Bonjour, je m’appelle Rémi Samson. J’ai 29 ans et je suis né à Paris. Quelques années plus tard, mes parents ont décidé de venir vivre en Auvergne, j’y ai grandi et j’y suis resté jusqu’à mes 21 ans.

J’ai quitté la région pour me lancer dans une carrière d’entraîneur qui m’a amené jusqu’à Angoulême où je vis maintenant depuis 6 ans.

Depuis quand cette idée de devenir entraîneur a-t-elle germé dans votre tête ?

J’ai toujours été passionné par ce sport. Depuis tout petit, je le pratique en tant que joueur. Cette passion me vient de mon père, un ancien international français. J’ai commencé à entraîner des équipes de jeunes dès l’âge de 16 ans.

Après une expérience ratée en école d’architecture j’ai décidé de me former pour faire de ma passion un travail. D’abord en tant qu’éducateur sportif, puis petit à petit l’envie de devenir entraineur professionnel s’est imposée comme un réel objectif.

Comment êtes-vous arrivé dans ce club d’Angoulême il y quelques saisons ? Comment se sont fait les premiers contacts ?

Angoulême est l’un des trois clubs à avoir répondu positivement à la recherche d’emploi que j’ai effectué après l’obtention de mon diplôme (DEJEPS). J’ai choisi ce club car c’est le projet qui me rapprochait le plus du « haut niveau ». Je ne connaissais pas du tout cette région, cette ville, mais le projet sportif du club de l’ACH m’a vraiment séduit.

Joueur de N2 à la fin de la saison 2015-2016, vous étiez contraint d’arrêter votre carrière de joueur pour être pleinement à la tête de ce club d’Angoulême. Un choix difficile à prendre ou pas finalement ?

Je n’ai jamais couru après une carrière de joueur professionnel, j’ai toujours joué pour le plaisir et fait des choix en ce sens. En revanche j’ai profité de mes belles années pour me faire une expérience de joueur au niveau national à l’ETEC (Entente Territoire Charente Handball), proche d’Angoulême. Quand le club de l’ACH m’a proposé le poste d’entraîneur principal, je n’ai pas hésité longtemps et j’ai rangé ma tenue de joueur pour enfiler celle d’entraîneur.

Quelles sont vos tâches désormais à Angoulême ? Exclusivement entraîneur de l’équipe première ou vous avez d’autres missions au quotidien ?

Je travaille à temps plein au club, mais le rôle d’entraîneur de l’équipe de Nationale 1 n’est pas ma seule mission à l’ACH, j’occupe aussi le poste de directeur technique. Pour résumer, je suis le responsable de la partie sportive du club. Cela revient à organiser le travail des entraîneurs, salariés ou bénévoles, à réfléchir à la stratégie de développement du club et être le garant de la qualité de l’offre sportive de l’ensemble du club.

Depuis le début de saison, j’interviens aussi au pôle espoir féminin d’Angoulême pour la ligue de Nouvelle Aquitaine. Mes semaines sont bien remplies !

Actuellement deuxième au classement, quel est votre ressenti sur cette première partie de saison ? Des regrets, plutôt satisfait ?

Avec six victoires et deux défaites, nous sommes sur un début de saison plutôt satisfaisant. C’est le meilleur début de saison du club depuis qu’il est en N1 mais je reste un peu déçu de ce mois de Novembre. Nous essuyons cette deuxième défaite contre une équipe de Nantes dernière du classement et renforcée par 8 joueuses de D1, nous n’y pouvons rien mais cela entache notre bon début de saison.

L’objectif du club et de cette équipe est de monter en D2, c’est un objectif très difficile qui laisse peu de place aux échecs, seules les premières de chaque poule accéderont à la D2.

Néanmoins tout est encore possible, le groupe travaille très sérieusement et tout le club pousse derrière cette équipe. La concurrence est forte dans cette poule mais nous avons toutes nos chances.

Quel est le style de jeu de votre équipe ? Quel est le projet de jeu de Rémi Samson en tant qu’entraîneur ?

Pour moi, un match se gagne en défense. L’ADN de notre projet de jeu est construit sur une volonté collective de ne pas prendre de but. Des replis engagés et répétés, un bloc défensif solidaire et investi, et des gardiennes en mission !

Ensuite une fois qu’on à la balle, on cherche à varier notre jeu, dans le rythme, mais aussi dans le style. On essaye de jouer avec beaucoup de vitesse, mais si on ne peut pas battre le repli défensif, alors nous prenons du temps pour installer notre jeu et rentabiliser chaque ballon.

En attaque placée nous alternons entre un jeu à deux pivots permettant de responsabiliser les joueuses à tous les postes, et du tir de loin pour maintenir les défenses adverses en pression constante.

Dans un avenir plus ou moins proche, vous vous voyez où ? Quel est votre but en termes de coaching, en D1 avec Angoulême ? Entraîneur d’une équipe masculine à haut-niveau ?

Pour le moment je suis très bien à Angoulême, j’ai la confiance des dirigeants, un staff compétent et des joueuses investis qui croient en moi. Ce club m’a beaucoup apporté et je veux lui rendre en réussissant les défis qui m’ont été confié.

Ensuite, je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait, mais je veux devenir entraîneur professionnel et coacher une équipe de haut niveau. Peut-être faudra-t-il passer par un rôle d’adjoint dans un premier temps, mais peu m’importe si c’est dans le sport féminin ou masculin. Ce qui est sûr c’est que si je dois partir d’Angoulême ce sera pour accéder à un niveau supérieur.

Un petit mot sur le HBCAM63. Que pensez-vous de ce projet ? Comment est-il perçu, d’un point de vue extérieur ?

Je suis avec attention l’évolution de ce club Auvergnat. Je trouve qu’ils font un travail de développement très intéressant et je leur souhaite beaucoup de réussite. Pour moi, la ville de Clermont possède tous les atouts pour accueillir un club de haut niveau.

D’un point de vue extérieur c’est un jeune club pour le niveau National 1 mais il réalise un très bon début de saison. Je vois que la salle est régulièrement remplie, on sent que le club progresse dans tous les secteurs.

Je ne serais pas étonné de retrouver ce club dans la division supérieure d’ici quelques temps et pourquoi pas plus haut si la dynamique se confirme.

La saison prochaine, un match Angoulême – HBCAM63 est-il envisageable en D2 Française ?

Si l’ACH accédait à la D2 ce serait un exploit, mais si le HBCAM y arrivait pour sa première saison en N1 ce serait extraordinaire. Je ne connais pas assez le club du HBCAM pour vous dire si c’est possible, mais une montée en D2 se prépare très sérieusement et en général, cela demande plus de temps. Il faut surtout éviter de sauter des étapes et se brûler les ailes en allant trop vite, mais encore une fois, je ne connais pas assez le club pour dire s’il est prêt ou non. En tout cas sportivement, ils sont dans une poule plutôt ouverte dans laquelle ils peuvent créer la surprise.

En revanche si ça arrive, je serais le premier ravi de revenir en Auvergne pour jouer un match contre le HBCAM. Ce serait une occasion pour mes parents et mes amis de voir un match sans faire un gros déplacement et pour moi, une occasion de me rappeler aux bons souvenirs de ma vie en Auvergne.

Crédit photo : Olivier Delage

 

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