Thierry Coutard – « Parler football, ça ne me pose pas de problème… »

Ancienne icône du Clermont Foot 63, nous avons recueilli les propos de Thierry Coutard. L’entraîneur qui a vaincu le PSG le 1er mars 1997 en huitième de finale de la Coupe de France. Il nous fait partager sa passion du ballon rond.

Salut Thierry ! Merci de nous recevoir nous sommes super contents d’être avec toi. Qu’est-ce que tu deviens ?

Je suis toujours dans le football, en retraite depuis 3 ans de mon poste de directeur du stade Montpied. J’ai fait un petit passage à Thiers en tant qu’entraîneur entre 2014 et 2015. Le club avait pour objectif de remonter en CFA2  à l’époque. Nous sommes remontés et pour des diverses raisons je n’ai pas continué. Je travaille toujours sur l’organisation des stages du Clermont Foot que j’ai créé en 2004, au sein de la cellule recrutement mais aussi sur les relations du club avec l’ensemble des clubs partenaires, je me suis quelque peu éloigné des terrains.

On est obligé d’évoquer le Clermont Foot bien évidemment et surtout ce fameux soir du 1er Mars 1997, est-ce qu’on t’en parle encore ?

Oui bien sûr ! J’aime à dire ou à rappeler que je n’ai pas fait que ça dans ma vie mais ça été pour moi le summum ! Déjà, faire un quart de finale de coupe de France ce n’est pas banal. J’avais vécu lorsque j’étais joueur au PSG, une demi-finale de coupe Gambardella  mais en tant que coach, c’est un quart de finale de coupe de France. Sur le plan médiatique ça a été quelque chose d’extraordinaire, c’est à dire que pendant quelques mois j’ai surfé sur une vague médiatique, j’étais appelé dans la journée pour être en direct le soir sur Europe 1, RTL, j’ai été sur le plateau de Télé Foot donc ça a été quelque chose de phénoménal !

Je n’ai pas savouré ce moment comme il le fallait, j’anticipais déjà l’après lumière, car je savais que tout cela aller être provisoire. Mais j’ai le sentiment que ça a marqué les gens, ils m’en parlent encore. J’ai en mémoire un ami avec qui j’ai joué au PSG Eric Renaut, qui a fait une belle carrière pro au Matra Racing, qui était invité ce soir-là chez des amis mais pas du tout intéressés par le monde du foot. Au milieu du repas il s’éclipse dans sa voiture, pour écouter le score. Il entend 4-1 pour Paris. Il se dit ‘’pauvre Thierry qu’est-ce qu’il est en train de se prendre ! ‘’ Le lendemain matin il  regarde télé-foot et me voit !  Il se dit : ‘’C’est pas possible il s’est passé quelque chose ! ‘’ Il regarde et apprend qu’on a sorti le PSG.

Je connais aussi deux gars qui étaient au stade, à 4 à 1, voyant l’ampleur des dégâts, ils se disent ‘’ on y va, c’est plié ‘’. Ils arrivent à leur voiture, il y avait 4-2. Ils démarrent la voiture, 4-3. Ils se sont empressés d’aller regarder la fin du match Place de Jaude !

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Donc vous perdez 2-1 contre Nice après prolongation, mais ce que j’aimerais savoir c’est après votre victoire contre le PSG, est-ce que gagner la coupe de France t’as traversé l’esprit ?

Honnêtement non. Je ne connaissais pas encore le tirage mais j’ai éprouvé beaucoup de regrets le soir du match face à Nice. En allant très loin en coupe de France, on cumule les matchs de retard en championnat, donc notre match face à Pau entrainé par René Girard à l’époque, avait été fixé 3 jours avant notre demi- finale contre Nice. J’ai appelé René Girard suffisamment tôt pour reporter le match mais il a refusé ! On fait 2-2 au terme d’un match horrible. Ils ont pris 2 rouges et 4 jaunes, une vraie boucherie. Nous nous doutions que nos joueurs n’allaient pas répondre à l’engagement, ils n’avaient qu’une seule hantise : se blesser ou prendre un carton, ce qui les auraient privé de quart de finale. Par contre je peux vous dire que, depuis ce jour, je déteste René Girard !

Que penses-tu du Clermont Foot actuel ? Est-ce que cette montée en ligue 1 est possible ? 

Cela fait déjà 2,3 ans que l’on est installé dans le premier tiers du championnat ou dans le ventre mou. Et puis il y a de nouveaux éléments qui permettent de renforcer le club et sa structure. Premièrement la création du nouveau centre de formation jumelé avec l’ASM, qui, à mes yeux, va pérenniser le club dans la durée. Au sein de la cellule de recrutement, on s’évertue à trouver des joueurs, tout en sachant que nous sommes le deuxième écrémage. Les meilleurs vont à Lyon ou à Saint Étienne, à nous de saisir les opportunités  lorsqu’elles se présentent, et de réaliser un gros travail de détection.

Deuxièmement c’est les très bons résultats actuels. Pascal Gastien est un mec que je respecte beaucoup, c’est aussi quelqu’un de très compétent. Corinne Diacre avait apporté son savoir-faire, c’était aussi la première femme entraineur d’une équipe de football masculine professionnelle, c’était novateur. Mais je pense que sa manière de procéder s’essoufflait de plus en plus. Le flambeau s’est transmis très facilement entre eux, car ils s’entendaient bien. L’équipe est alors montée en puissance par la suite. Le courant passe bien entre lui et les joueurs. Il prône le beau jeu, l’équipe joue ensemble avec ses propres moyens. Il part du principe que l’on est moins en danger lorsque nous avons la possession du ballon que lorsque l’on court après, et c’est ce qui fait que l’on se procure beaucoup d’occasions, malheureusement on manque encore d’efficacité c’est pour cela que l’on postule pour les play-offs, et non pour la montée directe en ligue 1.

Si le Clermont Foot se qualifie pour les barrages, tu penses que l’on a une chance de monter ?  

Tout est possible ! C’est un véritable parcours du combattant. A l’origine j’étais assez sceptique concernant cette formule, mais finalement je trouve que cela cultive l’intérêt, et puis c’est un moyen de se mesurer directement au niveau d’exigence de la Ligue 1, étant donné que le vainqueur des play-offs rencontrent le 18ème de Ligue 1 sur 2 matchs, ce n’est pas rien ! Tous les clubs peuvent y laisser des plumes, il suffit de perdre d’un rien contre le barragiste de Ligue 1, il faut remobiliser les troupes pour réaliser un parcours similaire l’année d’après, c’est un travail psychologique colossal.

Mais la motivation est clairement du côté du vainqueur des play-offs, le groupe a eu le temps de se souder dans la victoire, ce qui ne sera pas forcément le cas pour l’équipe qui risque de descendre.

Est-ce que tu penses que le public Clermontois est sensible au football ?

Oui je le pense. Même si l’ASM Rugby est toujours le représentant numéro un des sports collectifs sur la scène nationale, c’est normal ils ont réalisé des parcours impressionnants au plus haut niveau. Nous sommes encore dans l’ombre de l’ASM, malgré le fait qu’il y ai beaucoup plus de licenciés de football que de rugby au sein de la ligue Auvergne. Si on continue à jouer les premiers plans en ligue 2 ou bien si l’on accède au palier supérieur, l’engouement autour du Clermont foot va exploser ! Imaginez des derbys régionaux contre Saint Etienne ou bien Lyon… Ce qui devient problématique aujourd’hui c’est le stade, je suis bien placé pour en parler ayant été le directeur du Gabriel Montpied. Une tribune de 7000 places, 2 tribunes découvertes…ce n’est pas suffisant. Le projet d’un nouveau stade, un stade de 20.000 places amovibles capable de passer à 30.000. J’espère que l’agglomération va nous soutenir, et que ça sera voter positivement pour que l’on puisse avancer.

La règle en ligue 1 c’est 18000 places assises c’est cela?

« De mémoire c’est 16.000 ou 18.000 places assises, il faudra très vite se mettre aux normes. Ce qui est regrettable c’est qu’à l’époque le stade avait été présenté à la mairie et à la presse mais c’est l’époque où nous sommes descendus en national, on est remonté tout de suite en Ligue 2 mais le projet avait été arrêté à cette époque-là .

Qu’est-ce que tu penses du niveau de la ligue 2, de la ligue 1 ? 

La Ligue 1, c’est simple. Il y a le PSG et les autres. Il y a toujours des surprises, les gros clubs comme Lyon, Monaco, Marseille sont présents, mais le pouvoir financier du PSG n’a pas d’égal à l’heure actuelle.

En ligue 2 c’est différent, l’exemple type est le Clermont Foot. On doit représenter le 18 ou 19ème budget de ligue 2 et on se retrouve 6ème. Lens, Sochaux et Brest qui sont considérés de base comme des grosses écuries financières sont à la peine sur le plan sportif. Le niveau est assez homogène, il y a quand même 9 clubs qui sont concernés par les play-offs ce n’est pas rien, c’est très serré !

Il y a cette impression que la Fédération change constamment on s’était habitué à la CFA2, pourquoi passer à ‘’National ‘’ ? 

Il y a 4 clubs qui sont montés de DH Auvergne dans cette N3 qui a été créée. Ils rencontrent des clubs de la ligue Auvergne Rhône-Alpes, c’est une DH améliorée. En N2 et N1, c’est censé restreindre les poules afin de remonter le niveau. Mais il est vrai, comme depuis quelques temps maintenant, il y a de plus en plus de clubs qui sont alimentés par des joueurs passés par des centres de formation qui n’ont pas réussi à accéder au plus haut niveau, et qui atterrissent dans ses équipes. Regardez en coupe de France les Herbiers ou Chambly. Une de ses deux équipes va accéder à la finale ! C’est incroyable. Nous allons avoir un PSG-Chambly ou PSG-Les Herbiers. Quand je vois l’encadrement au sein des centres de formation, le travail qui est abattu, j’espère que l’investissement du centre formation à Clermont aura porté ses fruits d’ici 4 ou 5 ans !

Je voulais aussi avoir ton avis sur les réserves des clubs professionnels qui ont l’autorisation de ne jouer qu’en N2…

La N2 c’est l’équivalent de la CFA à l’époque. Ces équipes peuvent jouer en N2 ou N3 mais depuis qu’ils ont créé le ‘’ National ‘’ elles n’ont pas le droit d’accéder à la National 1. C’est une bonne chose, car avant, les réserves des clubs professionnels barraient la route à beaucoup de bons clubs. Maintenant quel est leur objectif ? Et bien c’est d’être éventuellement champion de National 2, ce qui n’est pas à décrier !

Revenons sur toi, en fait tu as été formé au PSG ?

Je suis né à Lalizolle un petit village de l’Allier, j’ai commencé le football à 12 ans, un jour où Gannat participait à un tournoi dans mon village, il leur manquait un joueur, j’ai joué et mon histoire est partie de là. J’ai été sélectionné en équipe d’Auvergne dont j’ai pris le capitanat, et j’ai participé à 2 stages de détection au PSG et à Saint Etienne.

A Saint-Etienne, il y avait Rocheteau et Bathenay avec moi qui, eux,  ont été sélectionnés. J’ai été retenu au PSG, j’ai participé à ma demi-finale de Gambardella, mais j’ai été opéré par la suite d’une hernie discale à 19 ans qui a précipité la fin de mon aventure à Paris. J’ai joué ensuite à Montluçon où je suis resté 7 ans. J’ai continué à Gannat, de 80 à 89, en passant mon diplôme d’entraîneur. J’ai fini ma carrière à Guéret de 89 à 96.

C’est une belle histoire !

Oui c’est une belle histoire qui aurait pu être plus belle si je n’avais pas eu ce pépin physique. Le premier mois quand je suis arrivé au PSG, nous étions logés chez l’habitant.  Il n’y avait pas de centre de formation, le temps qu’ils me trouvent quelqu’un pour me loger, ils m’avaient réservé une chambre à l’hôtel et j’allais m’entraîner tous les jours.  Imagine j’arrivais de Gannat et j’allais m’entraîner avec les pros de l’époque comme Jean Djorkaeff (le père de Youri, Jean Claude Bras, Gerard Hallet, qui arrivait de Montluçon…)

Tu es arrivé au PSG en 1973 mais PSG a été créé en 1970 non ? C’était déjà le camp des loges ou pas ?

Oui c’est ça! J’ai joué en D3 de l’équipe du PSG qui montait, j’ai fait partie de l’équipe du PSG qui est montée de D3 en D2. Un soir, j’ai eu l’occasion de manger avec Belmondo et Hechter ils s’intéressaient de très près au club. Ils étaient très amis, je ne me rendais pas compte mais avec le recul, j’ai vécu quelque chose d’extraordinaire !

Partir du PSG n’a pas été trop dur ? 

J’ai rebondi à Montluçon, on avait failli monter en D1, j’avais joué avec Paco Rubio. Le club était alimenté à 75% de joueurs provenant de la région, il y avait entre 3000 ou 5000 supporters au stade. On a joué contre Marseille en Coupe de France, 0-0 à l’aller chez nous, et on perd 1-0 là-bas (A.P).

A Gannat j’ai pris les commandes ils étaient en PH on est monté en D4. Avec Guéret on est monté jusqu’en D4 aussi, en partant de PH. Pour l’anecdote quand je suis arrivé c’était l’AS CREUSE, ils avaient juste omis de me préciser lorsque j’ai signé, que 8 joueurs partaient. Il a fallu donc gérer la descente. Je me suis fait peut-être un peu avoir sur le coup, on est reparti avec des jeunes et on est remonté ! C’était incroyable. Comme j’étais Directeur des sports à la mairie de Guéret, le maire et moi-même avons créé la fusion PTT Guéret et l’AS Creuse qui est devenue l’Entente Guéretoise.

Toutes ces étapes ont jalonné mon parcours, cela me tient réellement à cœur. C’est un niveau modeste PH à CFA2, mais j’aurais surement dû, à un moment donné, me faire violence et partir de Clermont pour entrainer, ailleurs, à un niveau plus haut. Mais ma femme et mes filles étaient beaucoup trop attachées à la région, et moi aussi quelque part. Quand j’ai été écarté, à Clermont, cela m’a tellement déchiré que je me suis dit qu’il me manquait forcément quelque chose pour entrainer à un gros niveau. J’aurais dû le prendre comme les entraineurs le prennent mais je n’étais pas capable de me promener avec mes valises et de me retrouver au chômage.

Tu as été remercié en quelle année ?

En 2000. Je suis parti à Cournon, la mairie m’a proposé la direction du stade Montpied et du stade Leclanché et j’ai entraîné 3 ans Cournon. Puis je suis revenu au club du Clermont Foot, le président de l’époque est revenu me chercher pour travailler sur l’image du club. J’ai mis en place les stages, et puis j’ai été consultant radio !j’ai commenté plus de 100 matchs du Clermont Foot en ligue 2. J’ai commenté quelques matchs sur France 3, pour les matchs décentralisés de la ligue. C’était pas évident de faire vivre un match alors que les gens n’ont pas l’image! Ça a été très formateur.

Tes connaissances sur le football suffisaient ?

Oui. Pour l’anecdote, il y a 2 ans une boîte clermontoise m’a contacté pour que j’intervienne auprès des cadres de l’entreprise. En 2016 et 2017 je suis intervenu à plusieurs reprises dans cette boîte en mettant l’accent sur les similarités entre cadres et entraineurs. De mon point de vue, et si tu enlèves le ballon, on demande des compétences identiques afin d’être un bon entraîneur ou un bon manager. C’est une expérience qui m’a bien plu, je recommencerai avec plaisir.

Et entraîner alors ?

Je ne sais pas. Si j’entrainais aujourd’hui, je ne ferais pas n’importe quoi ? (rire). Il faudrait qu’il y ait un projet intéressant mais je ne prendrai pas n’importe quoi. J’ai fait partie du comité de direction de la ligue d’Auvergne, je n’ai pas voulu partir sur Auvergne Rhône-Alpes, nous n’abordions pas la même philosophie et la même vision du football. Je suis rentré au comité direction du Puy de Dôme et ça se passe à merveille avec des gens que j’apprécie.

Quel regard portes-tu sur le football féminin aujourd’hui ?

Comme beaucoup de personnes il y a quelques années,  je prenais ça un peu avec légèreté si j’ose dire. Sauf que déjà ce qui m’avait interpellé, c’est lors d’un recyclage d’entraîneurs à Clairefontaine j’ai vu les filles s’entraîner là-bas et j’ai vu le niveau technique qu’elles exerçaient…Il y a 4-5 ans nous avons eu la finale de la Coupe de France féminine à Clermont, je me suis Ré-galé. Techniquement c’est très plaisant les filles sont très élégantes et elles n’ont rien à nous envier. L’aspect physique est bien évident le facteur qui différencie le football féminin et masculin, c’est le même sport, mais pas pratiquer de la même manière.

Pour toi, la France peut-elle remporter la Coupe du Monde ?

Un prétendant sérieux oui. On a une génération offensive extraordinaire mais est-ce que l’on a une équipe ? Le coach les tient bien, mais ce n’est pas évident. Cette génération est privilégiée. L’argent et les médias tuent le football à haut niveau, Mais oui honnêtement nous pouvons nous mêler à la lutte, il y aura toujours les éternels comme le Brésil, l’Espagne ou l’Allemagne. On a de supers joueurs mais les mentalités ont tellement évolué en si peu de temps que c’est devenu vraiment aléatoire, on ne peut être sûr de rien.

Pour faire un bon club il faut un bon président un bon entraîneur de bons joueurs ?

Je dirais les bonnes personnes aux bons postes. Un président ne peut pas tout gérer seul dans un club, un entraineur non plus, il faut pouvoir et savoir déléguer. Il faut des gens humainement compétents, j’ai 64 ans je sais à peu près ce qu’il ne faut pas faire mais je suis loin d’avoir la science infuse ! J’en apprends tous les jours. Ceux qui savent déjà tout après quelques années ne progresseront pas.

Tu as d’autres passions mis à part le football ?

J’aurais pu avoir la chasse comme mon père et mon frère, mais ce n’est pas compatible avec le football. J’aimais beaucoup courir, mais mes genoux ne me le permettent pas. Je fais de la marche, du vélo. Je suis avec assiduité le rugby, même si je trouve qu’il change aussi radicalement.

Que peut-on souhaiter au Clermont Foot ?

Une montée bien entendue! Cela ne mettrait pas en péril le club même si nous nous exposerons au risque de faire l’ascenseur. Ce serait tout de même un truc extraordinaire pour la ville et la région. Nous pouvons souhaiter aussi que quelques pépites sortent du centre de formation, afin d’avoir un vivier au club qui nous permettrait de bien fonctionner.

 

Crédits photos : Valentin Uta / France 3 Auvergne

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