Rallye des Gazelles – Une course d’orientation au service des peuples

Le Rallye Aïcha des Gazelles est un rallye raid d’orientation uniquement féminin basé au Maroc. Sans téléphone et sans GPS, uniquement équipées d’une carte et d’une boussole, il s’agit de valider tous les Checkpoints en faisant un minimum de kilomètres. La course est donc très stratégique car chaque équipage défini sa propre route : il faut évaluer les difficultés rencontrées sur le parcours et choisir soit de les contourner en engrangeant des kilomètres ou bien les affronter avec les risques que cela comporte (endommagement du véhicule).

Présentation de l’équipage

L’équipage est composé de Delphine Bichoffe au pilotage, et de Christine Hunka à la navigation, le rallye de 2018 a marqué notre 10ème collaboration. Le rallye s’est déroulé du 21 au 29 mars 2018, au sud du Maroc.

Volet humanitaire

En marge du rallye Aïcha des Gazelles, l’association cœur de gazelle œuvre en donnant gratuitement des consultations médicales aux populations locales. C’est donc plus de 4000 consultations qui sont organisées dans les villages situés à proximité de la course,  dans les domaines suivants : la médecine générale et dentaire, la pédiatrie, la gynécologie, l’ophtalmologie, la dermatologie, la neurologie, l’optique, les dépistages du diabète, du trachome et de la cataracte, ainsi que la pharmacie.

Portrait christine
« Je suis Christine Hunka, j’ai 53 ans je viens du Mans. Je travaille en tant qu’évaluateur de la communication chez l’Oréal. Je suis une adepte des voyages et des sports tels que le canyonin et le surf. J’ai été championne de France par équipe en savate en 2006, et championne régional 1 Sarthoise en tennis de table. Je pratique le yoga le fitness ou encore la natation et le vélo. Je compte 12 participations au rallye des gazelles, un raid amazone à Mayotte et plusieurs courses à pied. »

Compte rendu d’étapes :

•  Le Prologue : Le prologue, sous forme d’une courte boucle d’une cinquantaine de kilomètres et avec trois balises à trouver. Il ne compte pas au classement mais permet de valider l’ordre de départ pour le lendemain

•  Étape 1 : Après une bonne nuit de sommeil, ponctuée par les ronronnements des voitures des concurrentes qui arrivent au fil de l’eau toute la nuit, et bercées par la douce mélodie des compresseurs, nous sommes réveillées à 4h du matin par la fondatrice du Rallye. Le rythme est donné pour toute la durée du rallye, levé 4 heures, briefing 5 heures, départ 6 heures. Pour ce premier jour de course nous avions 7 balises à trouver. Le terrain était assez varié, grandes plaines, faible relief et un petit peu de sable pour se mettre en jambes. Tout c’est à peu près bien passé jusqu’à la cinquième balise, qui nous a posé quelques problèmes. Nous avions mal placé le point sur la carte, à cause d’une une erreur dans l’écriture des coordonnées. Cela nous a coûté 6 kms en trop, et nous avions été classées 24ème à la fin de cette première étape.

•  Étape 2 : C’est l’étape des choux-fleurs. Cela ressemble à des brocolis mais qui, remplis de sable, sont durs comme des rochers. A éviter donc ! Car cela abîme les pneumatiques. Et comme si cela ne suffisait pas, le terrain de cette seconde étape est ponctué de cailloux, et ravines d’oueds qui se muent en failles très difficiles à franchir. Une étape très ardue autant pour les navigatrices que pour les pilotes. Nous trouvons les 9 balises de la journée en allant droit au cap ce qui nous fera remonter à la 17eme position.

•  Étape 3 : Un matin très frais…3 degrés ! Avec la performance de la veille nous ne souhaitons pas nous en arrêter là. Nous espérons accrocher le top 15. Aujourd’hui c’est du sable au menu puisque nous allons jouer dans ce magnifique ‘’ bac à sable ‘’ qui s’appelle l’erg Chebbi, plus connu sous le nom des dunes de Merzouga. C’est un des lieux les plus impressionnants d’Afrique avec son sable orange et ses hautes dunes dont certaines culminent à 150 mètres de hauteur. Après avoir trouvé l’ensemble des balises dans les dunes nous enchaînons sur la traversée de l’Oued Ziz très difficile à traverser car très accidenté. Nous choisirons un report de cap pour préserver notre véhicule. Ce ne sera pas l’option la plus payante mais elle nous permettra néanmoins de remonter à la 14e position

Portrait delph
« Je m’appelle Delphine je suis née le 31 décembre 1971 à Clermont-Ferrand, je suis responsable commerciale de la société Overscan, agence digitale et multimédia située à Clermont-Ferrand. Je suis une grande passionnée de voyages et de sport. J’ai été animatrice sportive au sein de la fédération Française de Gym Volontaire (FFEPGV) pendant 12 ans de 2002 à 2014.  Je pratique l’aquagym à l’Aquazenith de Mozac, la marche rapide, et la musculation ! (j’ai une petite salle de musculation à la maison).  En plus de mes onze participations au rallye des gazelles, j’ai concouru à un raid amazone (course à pied, VTT, canoë Kayak, tir à l’arc…) et à plusieurs « pop in the city », raids urbains mélangeant sport et culture générale. »

•  Étape 4 : Avec toujours en ligne de mire la remontée au classement, nous visons aujourd’hui la 12e position. L’étape comporte 8 CP à trouver dans des plateaux immenses avec des reliefs compliqués à identifier sur la carte. Et comme si cela ne suffisait pas, une brume importante s’est levée, rendant les reliefs très difficiles à distinguer. Il a fallu jouer de précision chirurgicale pour arriver à ne pas dévier du Cap. Hormis quelques contretemps, nous sommes satisfaites de notre étape qui nous permettra de remonter à la 11e position.

  Étape 5 : Le marathon ! On ne lâche rien, le top 10 est à portée de main. Cette étape est une étape de deux jours, sans revenir au bivouac. C’est l’occasion de partager des moments d’exception avec les autres gazelles, mais aussi de bien dormir loin du bruit et de l’agitation du bivouac. Il n’y a pas de ravitaillement carburant ni d’assistance mécanique sur cette étape, il faut être particulièrement vigilante avec sa voiture. L’Etape compte 12 balises à trouver, et traverse de somptueux paysages. Nous aurons toutes les balises de l’étape, et remontons à la huitième place.

•  Étape 6 : C’est à nouveau une étape marathon sur deux jours qui nous attend, et c’est déjà la dernière étape du rallye. Traditionnellement, cette étape est certainement la plus difficile du rallye, car une bonne partie de celle-ci se déroule dans les dunes de Chegaga. Elles sont très étendues et ne comportent pas de repères fiables pour nous aider dans notre navigation, du sable à perte de vue. Nous partons de Mahmid pour rejoindre la première balise, mais le cap est difficile à tenir dans ces petites dunettes : il va falloir redoubler de vigilance sur ces deux jours pour essayer de remonter encore  au classement, car même si la victoire semble hors de portée, nous caressons secrètement l’espoir d’un top 5. Nous espérons dormir à la balise 6, mais le parcours s’avère plus compliqué que prévu, avec un oued à traverser rempli de roches énormes pendant une centaine de mètres. Heureusement, nous avons pu accélérer la journée entre les balises 4 et 6 afin de dormir au point initialement prévu, permettant de prendre de l’avance pour le lendemain. Après une nuit sur le doux tapis du sable de Chegaga, nous arrivons à trouver toutes les balises dans le sable avant midi, puis nous partons pour trouver les balises 9 à 12, qui nous amènent dans des paysages lunaires, où la roche semble se découper à la machette sur le ciel bleu turquoise du Maroc. Nous arrivons à trouver toutes les balises et passons la ligne d’arrivée en quatrième position de l’étape, ce qui nous fera terminer le rallye en 5ème position au général.

En résumé ce rallye aura été pleins de rebondissements, puisque partant avec un handicap, à la 24e place, nous terminons dans le top cinq en n’ayant rien lâché pendant tout le rallye !

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Delphine & Christine vos anecdotes positives sur les 11 ans du rallye : 

Nous avons réussi à trouver toutes les balises au rallye ! Et la dernière balise située dans un cadre splendide ! Le jour où nous avons validé une balise en un temps record sur une dune, un vrai plaisir  de conduite et de navigation, une belle dose d’adrénaline.

Vos anecdotes négatives :

L’année où nous sommes tombées en panne de turbo moteur à 80 km de l’arrivée. On a tellement pleuré cette année-là qu’il a sans doute dû pousser quelques plantes à l’endroit de notre panne.

 

Crédits photos : Delphine Bichoffe et Christine Hunka

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