Thierry Grossetête – La sagesse avant tout

L’objectif des demi-finales est atteint après une année riche en émotions, la saison 2018-2019 s’annonce encore plus belle ! avec pour seul et unique but : la montée.

Merci Thierry de nous recevoir, cela fait combien de temps que tu es président ? 

Cela fait deux ans que je suis président et j’ai été vice-président pendant 4 ans.

Tu  es également un ancien joueur ?

Oui, je suis un ancien joueur. J’ai commencé le hockey à Chambéry à l’âge de 7 ans puis je suis arrivé au club de Clermont à l’age de 12 ans et je ne suis jamais reparti. J’ai fait parti de l’équipe qui a été championne de 1ère division en 1999, j’ai joué dix ans en équipe première après avoir fait toute ma scolarité dans l’école de formation de Clermont. Après, je suis parti pendant près de 10 ans pour des raisons professionnelles et je suis revenu il y a une dizaine d’années.  Je me suis réinscrit  au club de hockey en section loisir et le coach qui est un ami  m’a demandé de revenir, car il avait besoin d’un ancien dans l’équipe qui était très jeune (entre 17 et 27 ans) en deuxième division. J’ai donc rejoué pendant trois ans de 36  à 39 ans. J’ai fini par dire stop, car un challenge commencé à m’intéresser , celui de recréer une équipe en 3ème division en faisant revenir des anciens pour encadrer nos jeunes de -22 ans qui se retrouvaient en difficultés, pour faire un  championnat, car il n’y avait pas assez de monde. Aujourd’hui, cette équipe perdure et permet de donner un panel de catégorie plus important et de progresser dans la formation des jeunes.

On sent que tu as le hockey sur glace dans la peau…. 

Oui, c’est une grosse partie de ma vie, pour moi, c’est vraiment une construction de ma personnalité et aujourd’hui j’ai envie de transmettre ce que ce sport m’a apporté. C’est surtout l’envie de réussir à créer un équilibre entre les études, le travail et le sport pour  permettre d’atteindre un niveau de plus en plus haut. L’idée que l’on développe aujourd’hui, c’est la formation des joueurs dans le respect et l’esprit d’équipe pour que lorsque ces hommes arrivent à maturité ils puissent  exploser au niveau du hockey et  développer leur activité professionnelle avec les exigences du sport et ce qu’elles peuvent leur apporter.

Quel est ton rôle de président ? 

Mon rôle, c’est d’essayer de développer le club et surtout garantir la politique du club et de la faire perdurer ce qui est très important. Le challenge que l’on a attaqué sur la formation depuis 6-7 ans  commence  seulement à être bénéfique.

Quels sont les bienfaits ? 

C’est d’avoir des catégories de mineurs bien remplies, d’avoir des jeunes qui commencent à intégrer l’équipe première avec de forts potentiels,d’ avoir une seconde équipe de seniors qui permet de bien former et d’avoir une école de hockey avec un nombre de licenciés important.

Il y a combien de licenciés au club ?

Aujourd’hui, on compte environ 360 licenciés, on commence à être un gros club sur le territoire français avec pour ambition de former les joueurs au plus haut niveau de leurs capacités pour alimenter les équipes au niveau supérieur. Aujourd’hui ce que l’on veut, c’est former jusqu’au niveau senior. Pour moi un jeune ne doit pas partir dans un autre club à l’âge de 15 ans, car il est déstabilisé, coupé de sa famille et au final tous ces jeunes  qui partent trop tôt,  finissent par arrêter le hockey. Par contre un jeune de 18-19 ans qui explose en équipe , il a  envie de jouer, il est dans sa phase de maturité il va vouloir persévérer. Pour moi l’âge important pour ces jeunes, c’est 24 ans car ils ont le maximum de potentiel mais il ne faut pas griller les étapes.

Est-ce qu’il y a des recruteurs qui viennent voir tous ces jeunes ? 

Il y a 3-4 ans, notre système de formation n’était pas à la hauteur et nous perdions des joueurs qui allaient à Rouen, Grenoble…. Aujourd’hui, on a réussi à stopper ça et c’est devenu l’inverse, car ce sont les jeunes qui veulent venir à Clermont-Ferrand. Ils se rendent compte de ce que nous proposons au sein du club et de la formation, ils savent qu’en -20 ans, ils ont un double championnat, ils vont jouer à la fois en -20 ans et puis suivant leur niveau, ils vont avoir leur chance en équipe première  en 3ème division. Cela va leur permettre de prendre en maturité pour aller plus loin. Nous avons environ 200 jeunes de -18 ans et à l’école de hockey nous avons 80 jeunes de -9 ans.

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Cet avenir du club, tu le vois comment ? 

On a goûté à la  première division  l’année dernière après un titre en deuxième division. On a vu que la marche était haute pour aller en première division au niveau sportif, structurel et financier. Il faut tenir compte de ces trois paramètres pour retourner en première division. Au niveau sportif, il faut avoir des joueurs aguerris, nous notre philosophie, c’est d’avoir une équipe première compétitive avec un tiers de joueurs professionnels qui va tirer tout le monde, un tiers de joueurs français a fort potentiel et un tiers de joueurs formés ici. Cette philosophie, il va falloir l’amener en première division dans les meilleures conditions. C’est-à-dire hausser notre niveau de formation au niveau de la première division.

Justement comment peut on arriver à former à ce niveau de la première division ? 

Grâce à toute l’école de formation que l’on a mise en place il y a trois ans. On a commencé avec deux entraîneurs à mi-temps pour les mineurs, aujourd’hui nous en avons trois à plein temps, deux entraîneurs pour les mineurs et un pour l’équipe senior. On aimerait avoir trois entraîneurs pour les mineurs à plein temps et là nous serions armé pour pourvoir garantir cette formation de première division. Cela passe aussi par une structuration avec Clermont Métropole avec qui on travaille pour avoir des heures de glace, et puis il y a aussi la musculation et le hors-glace qui est très important dans le hockey. La préparation est primordiale pour pouvoir évoluer. Enfin l’autre point c’est l’intégration de classes aménagées que nous testons depuis 2 ans et qui permettent  aux joueurs d’avoir plus de temps de glace et de préparation. Au niveau financier, il faut savoir que nous sommes une association, il y a trois ans nous avions 320 000 euros de budget et aujourd’hui nous avons 540 000 euros et donc nous devons nous professionnaliser et ça, c’est à tous les niveaux. Pour être dans les dix premiers de la première division, il faut être aux alentours de 800 000 et 900 000 euros. Tout ça passe par le soutien des collectivités et des institutionnels, mais aussi par des  partenariats privés et justement nous travaillons pour pouvoir trouver d’autres partenaires pour aller plus loin.

Il faudra peut-être 1 an voire 4 ans pour retourner en première division, mais c’est notre objectif car nous avons des jeunes joueurs que nous sommes entrain de former et ils vont  vouloir accéder à la première division. L’objectif, je le répète, c’est de former des jeunes à ce  niveau de championnat avec un potentiel pour pouvoir jouer un jour en Ligue Magnus.

29749540_970384116463148_4414200155378432303_o.jpgQuel est ton regard sur le hockey français ? 

Pour moi, le hockey français doit poursuivre son développement aux grandes villes pour la Ligue Magnus et aux villes moyennes comme nous pour alimenter cette Ligue Magnus. C’est comme ça que le hockey pourra se développer et évitera au club d’aller chercher trop d’étrangers, car aujourd’hui, les championnats sont déstabilisés. Nous, en deuxième division nous sommes deux clubs qui avons des championnats d’ élite en -17 ans et -20 ans. Ce qui fait que notre budget est coupé à 50 % pour les mineurs alors que dans les autres clubs, il ne sera que de 20 %. C’est-à-dire que lorsqu’on se présente sur la glace avec 6 joueurs professionnels, les autres clubs présentent dix joueurs professionnels. Ce sont deux politiques différentes, certains veulent briller avec leur équipe professionnelle avec pour objectif plus tard de construire la formation alors que nous, c’est l’inverse, on construit avec la formation et on va chercher ces joueurs professionnels qui vont dynamiser cette formation.

C’est pour cela qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes viennent au sein de votre club. 

Oui, c’est pour ça que l’on attire les jeunes et nous sommes très observé par la fédération de hockey, le président de la fédération est venu nous voir il y a quinze jours pour voir ce qu’il se passait ici et il a confirmé que nous étions dans la bonne direction.

Notre objectif initial est d’aller en play-off, on va tout faire pour y parvenir, mais nous allons rencontrer des équipes qui ont deux fois plus d’étrangers et qui ont deux fois plus de joueurs matures. Nous allons jouer sur la jeunesse, le dynamisme, la volonté et l’esprit d’équipe qui est très important. Tous nos étrangers se plaisent à Clermont-Ferrand, ils souhaitent rester pour la saison prochaine, et cela montre bien  que nous allons dans la bonne direction.

Aujourd’hui en tant que président, tu sens que les institutions sont vraiment derrière vous et qu’ils ont compris le message ? 

Oui bien sûr, ils nous ont toujours soutenu, ils commencent à se rendre compte du travail que nous sommes entrain d’accomplir et ils veulent soutenir cette formation. Aujourd’hui nous pouvons devenir un club phare derrière l’ASM et le Clermont-Foot en augmentant le nombre de licenciés et en faisant de la qualité.

 

Crédits photos : A. Rigaud / Sangliers Arvernes 

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