LES SANGLIERS NOUS OUVRENT LEURS PORTES

Clermont Sports a eu la chance de côtoyer les Sangliers Arvernes de près ! Nous remercions très chaleureusement le président, l’entraîneur et Léonard Nalliod-Izacard, joueur du club, pour leur accueil.

Hockey Leonard
Léonard Nalliod-Izacard, attaquant du HCCA

Léonard d’où te vient cette passion du hockey sur glace ?

Je viens d’Angers, j’ai 26 ans et j’ai commencé le hockey à l’âge de neuf ans. J’ai joué dans ce club jusqu’à mes 23, ans après j’ai rejoint Annecy puis un an à Meribel, avant d’arriver à Clermont l’année dernière. J’ai commencé parce que ma maman s’occupait de la formation des entraineurs. Elle faisait passer les brevets d’État de jeunesse et des sports, et un jour un de ses élèves qui voulait devenir entraîneur de hockey lui a demandé dans une conversation si elle avait des enfants qui faisaient du sport. Elle lui a répondu qu’elle avait tois garçons et une fille et il lui a dit qu’elle devrait essayer de nous emmener au hockey. Depuis, les quatre garçons, nous jouons tous au hockey.
Il y a un de mes petits frères qui joue en senior en pro à Angers, et pour les deux autres, un en fait en loisir et l’autre en junior.

Qu’est-ce que tu retiens de cette expérience ? 

Je retiens plusieurs façons différentes de fonctionner. Angers était mon club formateur, je connaissais tout le monde.
Pour ce qui est d’Annecy, cela ne s’est pas très bien passé car j’avais un entraîneur avec qui je ne m’entendais pas.
Meribel, c’était super au niveau du hockey mais c’était plus compliqué pour les études. Comme c’est une station de ski, il n’y a pas grand chose à faire et il faut compter deux heures pour rallier études et hockey.

Et à Clermont ? 

C’est important pour moi de faire des études à côté du hockey, et à Clermont je peux faire les deux. C’est un des clubs qui forment le mieux en ce moment, cela me rapproche un peu de chez moi, Angers.

Qu’est-ce que tu attends des Sangliers Arvernes ? Monter en D1 ? Aller en Ligue Magnus te semble envisageable ? 

Il y a plein d’étapes pour pouvoir jouer en Ligue Magnus.  Déjà monter en D1 serait une très bonne chose.
Après il faut être champion de D1 puis battre le dernier de la Ligue Magnus. Maintenant il y a d’autres problématiques pour rentrer en Magnus, il faut notamment être une société, et non une association. Ce n’est pas que sportivement que l’on va en Magnus, c’est aussi structurellement.

Personnellement, tu as 26 ans, quels sont tes projets ?

Au hockey, j’aimerais monter en D1, c’est un bel objectif et surtout un objectif réalisable. A moyen terme, je ne me suis pas trop posé la question, j’aime le hockey donc je souhaiterais jouer le plus longtemps possible tant que je peux concilier études (ou travail) et sport.

Le plus longtemps possible… c’est jusqu’à quel âge au Hockey ?

Si on est épargné par les blessures, entre 33 et 35 ans.

Vas-tu suivre les JO ?

Je ne suis pas satisfait du format des JO car la meilleure ligue de hockey du monde a refusé de laisser jouer ses joueurs pour les JO : la NHL.  Ce qui fait que ce sont des équipes tronquées, il n’y a aucun des meilleurs joueurs mondiaux qui vont là-bas.
Ici ce ne sera que des joueurs d’Europe qui non pas le niveau de la NHL.  Moi ça me frustre personnellement, de savoir que l’on peut voir le meilleur hockey du monde tous les quatre ans et que cette année nous en sommes privés.

Et qu’en est-il pour les championnats du monde ?

Pour les championnats du monde ce n’est pas tout à fait pareil puisqu’ils ont lieu en avril. Les play-offs NHL sont en même temps. Les fédérations envoient leurs meilleurs joueurs disponibles qui n’ont plus de play-offs NHL, mais en général, les meilleurs joueurs sont en play-offs. Cela fait quand même des meilleures équipes.

Dans ta famille, vous partagez vos «résultats» au niveau du hockey ?

Oui tous les jours ! C’est vraiment une passion très prenante, c’est un lien familial qui nous lie énormément.  J’ai encore deux de mes frères qui habitent à Angers, l’autre à Paris et on se tient vraiment au courant de ce qui se passe au niveau du hockey. On partage tous la même passion.

Niveau planning ?

Je suis en alternance à Lyon mais je n’y vais que 2 jours par mois, le reste du temps je suis en stage et je suis des cours par correspondance sur Internet.

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Ton regard sur la saison actuelle ? Objectifs atteints ?

Il y a des objectifs qui ont été atteints, je pense que nous sommes l’une des équipes favorites de la division 2. Je crois que l’on a eu un petit passage à vide que nous aurions peut-être pu éviter mais cela fait partie du jeu : les cartes seront redistribuées en play-offs.

Passage à vide, comment tu l’expliques ? 

Décembre, c’est une période chargée pour les joueurs qui sont encore dans les études, s’ajoute à cela les joueurs qui travaillent. Ceci donne une période de grosse fatigue.
En décembre, on a joué que des matchs à l’extérieur avec des glaces compliquées, à Montpellier notamment. Je dirais que c’est à la fois le hasard du calendrier, mais aussi une petite baisse de régime due au contexte du moment. La trêve de Noël a fait beaucoup de bien, elle a permis de recharger les batteries.

La semaine dernière, vous avez perdu contre Marseille (2-0), c’est un concurrent sérieux ?

Ils souhaitent monter en D1. On a perdu en infériorité, nos attaquants qui sont censés marquer ne l’ont pas fait. De plus, leur gardien a fait un très bon match. C’était un match équilibré.

Quels sont les autres clubs costauds ? 

Pour moi, je dirais Chambéry car c’est une équipe rugueuse. C’est toujours difficile de jouer contre eux.

Selon toi, à quel âge on est mature dans ce sport ? 

Il n’y a pas d’âge pour être mature ! Au niveau senior il faut déjà être mature physiquement : être capable d’encaisser des chocs, suivre un rythme de jeu. Tu peux casser la baraque à 17 ans si tu es physiquement prêt, mais ce ne sera pas le même style de jeu qu’un joueur de 25 ans. Il y a des petits trucs qu’ils ne connaissent pas encore, mais ils apprennent très vite. Ils peuvent faire l’erreur une fois mais ne la referont pas. Et c’est comme ça qu’on avance.

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Comment vous agissez avec eux ? Vous les protégez plus ?  

Cela dépend lesquels, selon leur style de jeu et leur gabarit, certains ont plus besoin d’être protégés.

Le hockey c’est un sport très physique quand même ? En NHL, on voit des bagarres mémorables parfois…

C’est le jeu, mais en général il n’y a pas vraiment de problème. Tout le monde défend tout le monde. Mais la NHL ce n’est pas pareil, ils segmentent beaucoup plus le jeu. Des joueurs sont là pour protéger les vedettes et faire sentir à l’autre équipe qu’il ne faut pas les toucher, sous peine de se brûler (rire). Aux USA, les bagarres font aussi partie du spectacle. En France, nous sommes moins orientés vers le show.

Ce week-end, c’est le match contre Toulouse, dernier match de la saison régulière… Comment vous l’abordez ? 

On s’est déjà mis en mode play-offs : dans notre tête, Toulouse c’est notre premier match des play-offs, un bon moyen de se préparer.
Toulouse est une équipe entrainée par un canadien, donc cela va être physique, ça va jouer vite, ils vont beaucoup nous presser. Cela sera un match très compliqué. C’est le genre de match parfait pour nous car il y a un enjeu : la quatrième place. Nous avons le même nombre de points donc celui qui gagne prend la 4e place. Celui qui gagne aura aussi l’avantage de la glace au premier tour des play-offs contre le 5e de la poule Nord.

Pour un jeune qui voudrait débuter, comment tu lui donnerais envie de faire du Hockey ?

Le hockey c’est un sport qui se commence très tôt. On peut commencer à partir de 3 ans car il y a énormément de bases à apprendre. Il faut apprendre à patiner, puis à patiner avec un équipement, mais ce n’est pas tout. Il faut apprendre à patiner avec une crosse, puis avec une crosse et un palet, et ensuite avec des coéquipiers. Il faut arriver à tout gérer en même temps.
Personnellement, j’ai commencé à 9 ans et c’est tard ! Car, quand je suis arrivé dans mon équipe, ils savaient tous patiner alors que moi je n’avais fait que du roller avant.
Ce que j’ai adoré dans le hockey, ce sont les copains. Avant, je faisais de la natation en compétition, c’était bien mais les entrainements étaient ennuyeux, alors quand on m’a laissé le choix, j’ai filé au hockey. Là-bas, j’avais des copains, on s’amusait vraiment beaucoup. Le hockey ça va vite, il y a beaucoup de choses à apprendre, on progresse rapidement grâce à la multitude d’informations à connaître : patiner vite en avant, en arrière, tirer en hauteur, mettre des charges… Il y a beaucoup de satisfaction à progresser au hockey.

Tu as commencé à 9 ans, maintenant tu en as 26, qu’est-ce que tu retiens de ces 17 années de hockey ? Qu‘est ce que tu ne referais pas ?

Je ferais exactement pareil, mais je commencerais la préparation physique plus tôt. Je suis arrivé à être mature physiquement pour un senior à 20/21 ans et je pense que j’aurais pu avoir une meilleure progression si j’avais été prêt deux ans plus tôt.

D1, intéressant d’y jouer, penses-tu que tu pourrais jouer en Ligue Magnus ?

J’ai joué quatre ans en Ligue Magnus à Angers, après j’ai arrêté 1 an car je me suis fait opérer de l’épaule à cause d’une luxation aggravée (et j’ai mis un an et demi à retrouver toutes mes sensations) et je suis reparti en D2.
Angers c’est un gros club, il y a beaucoup de jeunes qui poussent derrière. Je suis redescendu pour avoir plus de temps de jeu. Mais la ligue Magnus a beaucoup changé maintenant : ce n’est plus la même formule. Avant, c’était 14 équipes avec un aller-retour donc on jouait 26 matchs dans l’année, aujourd’hui c’est 12 équipes, mais deux allers retours, on joue 44 matchs ! À cela, on ajoute la coupe de France et la pré-saison, ce qui fait environ 60 matchs à date. Avec les play-offs cela doit faire une saison à 80 matchs.
Durant deux ans, j’ai fait la finale de la coupe de France, et la finale de la coupe de la ligue. Mis bout à bout, cela fait environ 80 matchs. Mais à l’époque, c’était exceptionnel. Maintenant, la Ligue Magnus c’est hyper sélectif, ce sont des joueurs qui ne font que ça.

Eric Sarliève, Directeur sportif et entraîneur

Entraineur
Eric Sarliève, Directeur sportif et entraîneur

Quel est ton rôle au sein du club en tant que directeur sportif ? 

Mon rôle en tant que directeur sportif est d’avoir une cohérence dans le projet sportif, que ce soit des tous petits jusqu’à l’équipe première. L’idée, c’est d’avoir une formation de joueurs, afin de les intégrer dans l’équipe première quand ils arrivent à maturité. Pour cela, il faut que l’on soit cohérent dans les entraînements, dans les contenus, dans l’exigence.

Quel est ton regard sur l’équipe des moins de 20 ans ? 

Nous sommes premiers du championnat élite, (4 poules de 4 équipes), notre objectif principal qui était la montée est atteint. Maintenant, on va essayer de passer le plus de tours possibles dans les play-offs. Il y a un autre objectif, c’est de doubler le nombre de matchs pour les joueurs de moins de 20 ans qui sont en équipe première. Aujourd’hui, nous en avons huit qui sont titulaires et un deuxième gardien qui a un peu moins de temps de jeu en équipe première.

Quel est l’effectif des moins de 20 ans ? 

On a 24 joueurs, ce qui est beaucoup ! C’est normal pour une ville comme Clermont-Ferrand d’avoir autant de joueurs de moins de 20 ans, c’est une ville très étudiante même si ça n’a pas toujours était le cas. Cela fait cinq ou six ans, qu’il n’y avait pas eu d’équipe junior. C’est un choix du président d’avoir misé sur la formation, afin d’alimenter notre équipe première.

Un petit mot sur Thierry, qui est président du club et votre ami ? 

Effectivement c’est un ami, on a toujours joué ensemble, mais au-delà de ça, c’est une personne qui a une vision du développement du club. Ayant fait quelques clubs, ce désir de développement, on ne le voit pas partout.

Et concernant l’équipe première, l’effectif est de combien de joueurs ? 

Nous avons quatre lignes, donc 20 joueurs avec les moins de 20 ans incorporés, l’effectif est correct, nous avons une équipe  en devenir. Cette année, on fait une bonne saison car nous sommes 4eme. Nous sommes derrière les trois gros clubs de la poule, qui sont les favoris pour le titre. Maintenant, cela ne veut pas dire qu’on ne va rien jouer pendant les play-offs.

C’est une belle saison pour vous ? 

Oui, car on voit que les joueurs progressent au fur et à mesure des matchs et le fait de gagner fait venir le public.

Un joueur qui joue tous les matchs peut en jouer combien dans une année ? 

Si le joueur joue tous les matchs en équipe première, il peut jouer 18 matchs sur la saison régulière et après, on rajoute au moins deux matchs de play-offs à chaque fois. Si le joueur va jusqu’en finale, cela fait 12 matchs en plus, ce qui correspond environ à 30 matchs sur la saison. Un joueur de moins de 20 ans qui joue à la fois en équipe première, et en équipe des moins 20 ans, peu faire environ 50 matchs ! Si en plus, ce joueur là est international, on peut lui rajouter entre 10 et 15 matchs supplémentaires. Nous avons quelques joueurs dans ce cas-là.

Cinquante matchs par saison… Il faut avoir une bonne condition physique ? 

Oui, c’est très important et justement, c’est là où ça pêche un petit peu. Nous n’avons pas d’installations propres à nous pour la préparation physique. On travaille beaucoup avec la patinoire pour avoir des solutions, ainsi qu’avec les élus pour améliorer nos outils de préparation.

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Au vu de votre saison, la montée en division supérieure est possible ? 

Oui, sportivement, c’est possible, après il y a des données financières et un budget qui est largement trop faible pour la D1, et nous l’avons vu l’année précédente. On va jouer jusqu’au bout, et puis on verra comment ça se passe. Si, c’est pour monter et ne pas pouvoir jouer les play-offs en D1, il n’y a pas beaucoup d’intérêt car cela veut dire beaucoup de défaites, donc moins de personnes qui viennent nous voir.

Ces play-offs tu les vois comment ? Sachant que ce week-end, c’est la réception de Toulouse juste avant. 

Pour moi, c’est comme si c’était le premier match des play-offs, c’est une bonne équipe. Ils sont 5ème et nous 4ème, en restant à notre place, on s’assure l’avantage de la glace pour les play-offs ce qui est important.

Tu as commencé à regarder quels étaient vos futurs adversaires ?

Dans la poule Nord c’est très compliqué. Il y a trois équipes qui se battent avec Wasquehal, Meudon et Évry/Vitry, ça va se jouer avec ces trois là.

Tu as une préférence ? 

Non aucune, je n’ai pas de préférence, mais il y en a que je ne voudrais pas. Wasquehal c’est une entente avec Amiens, qui est en Ligue Magnus. Certains des joueurs d’Amiens peuvent jouer avec Wasquehal donc ce n’est plus la même équipe.

C’est possible de jouer pour deux clubs ?

Oui, c’est un système qui est bien fait, c’est pour que les jeunes joueurs puissent se développer. Cela fausse bien évidemment les matchs, il suffit que Wasquehal aligne tous ses bons joueurs et ça ne sera pas le même match.

Comment se passe les play-offs ? 

Ce sont deux matchs, le premier match à l’extérieur si on reste 4ème, le match retour sera à la maison, et si chacune des deux équipes gagne un match, alors il faudra une troisième rencontre. Ce sera à domicile le lendemain du deuxième match.

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Quel est ton avis sur le niveau du Hockey en France ? 

Le niveau a considérablement augmenté, les joueurs sont beaucoup plus professionnels, ils se préparent mieux. Les compétences des entraîneurs sont plus élevées, car nous sommes mieux formés. À la fin de la saison, il y a une réunion avec tous les entraîneurs français, et des intervenants canadiens et finlandais, ce qui permet de voir ce qui se fait ailleurs et d’échanger. Et puis depuis deux ans, il y a moins de clubs en élite, donc petit à petit ça augmente le niveau. On est plus dans le même championnat de D2 que l’on avait il y a 2-3 ans.

Il y a plusieurs degrés pour un entraîneur ? 

Oui, il y en a deux, le premier degré est le plus commun, et le deuxième degré correspond au diplôme d’État.

Explique-nous un peu ton parcours. 

J’ai commencé le hockey ici à Clermont-Ferrand à l’âge de cinq ans. En moins de 18 ans, j’ai joué à Lyon et puis ensuite, je suis revenu ici pour jouer en équipe première. J’ai fait pratiquement toutes mes années ici en tant que joueur et par la suite, je suis devenu entraîneur. Je suis parti à Valenciennes puis à Roanne. J’ai aussi entraîné le hockey mineur à Megève et je travaillais pour le HC74 qui était le regroupement de Megève, Saint-Gervais, Chamonix, et Morzine. C’était le regroupement de tous les clubs de Haute-Savoie, car ils n’arrivaient plus à alimenter leurs équipes. C’est l’un des plus gros clubs de France, ils ont énormément de joueurs et un niveau sportif très relevé. J’ai travaillé pour la zone Sud-Est et pour la Fédération Française au niveau de l’équipe de France des moins de 20 ans pendant quatre saisons. Et maintenant, cela fait deux saisons que je suis revenu à Clermont-Ferrand.

Tous ces bons résultats c’est depuis ton retour… (Rire)

Les bons résultats viennent de la politique du club, c’est sûr que l’on a beaucoup de jeunes, on les forme bien et ça se ressent sur les résultats. On est vraiment au début de quelque chose et si on s’accroche, d’ici au moins deux ans l’équipe première sera très performante avec 70-80 % de l’effectif formé au club. On est un peu l’anomalie du hockey français, car il n’y a pas beaucoup de clubs qui fonctionnent comme ça. Il n’y a pas d’économie au hockey, on voit beaucoup de clubs qui font l’ascenseur, avec des difficultés financières. Pendant mes deux années où je travaillais dans la zone Sud-Est, mon travail, c’était d’aller dans les clubs pour les aider dans la structuration, et puis parler avec les entraîneurs et les dirigeants. À Clermont on n’a pas ce problème là, et on essaye de fabriquer des équipes premières en recrutant des joueurs pas chers. Les meilleurs clubs français tels que Grenoble et Rouen, qui jouent en élite, gagnent tous les titres en catégories de jeunes, sont également les meilleurs centres de formation. Donc si on devait copier quelque chose sur ces clubs, c’est la formation. Aujourd’hui on essaie de s’en inspirer.

Pour vous ce mode de fonctionnement, c’est le futur du hockey ?

Oui c’est le futur, même si un jour il devait y avoir une économie dans ce sport. Tout en sachant que nous avons 1200 places, on n’aura pas plus d’argent même si la patinoire est remplie les week-ends. À moins de construire une patinoire de 5000 places, dont nous ne sommes pas sûrs de la remplir entièrement. Après, c’est la rentrée d’argent des sponsors, qui nous permettrait d’avoir des loges, ce que nous n’avons pas actuellement, mais on y travaille. Nous sommes au maximum du développement, c’est pour ça qu’il faut alimenter l’équipe première par la formation, car ce sont des joueurs qui nous coûtent pas cher sur le moment, mais sur lequel on investit. Cela coûterait moins cher que de recruter un bon joueur canadien qui peut valoir 50 000 euros la saison.

Un très bon joueur canadien peut vous faire gagner pleins de matchs ? 

Oui, mais un joueur étranger de haut niveau coûte très cher.

Est-ce qu’il y a d’autres clubs de hockey dans la région Auvergne ? 

Oui, il y a le Mont-Dore qui a une patinoire, mais ils ne sont pas inscrits en championnat. Il y a eu quelques bons joueurs du Mont-Dore qui sont venus jouer chez nous, le Lioran a eu une bonne équipe. Il n’y a que ça en Auvergne.

La construction d’une patinoire à 5000 places peut-être une bonne idée ?

Je ne sais pas, je sais que beaucoup de personnes nous parlent d’une deuxième patinoire. Moi, je pense qu’il nous faut une deuxième glace pour nous entraîner. Mettre une patinoire à 3000 places serait intéressant, car 5000 ce serait trop. Ce qu’il nous manque, ce sont des loges, des heures de glace et une salle de musculation pour pouvoir rivaliser avec le très haut niveau.

La patinoire compte combien de place ? 

On compte 1200 places assises, et on peut rentrer 1600 personnes dans la patinoire. Notre volonté est de remplir cette patinoire. Aujourd’hui, on fait des tarifs d’entrée à huit euros tarif plein, et cinq euros pour les étudiants. C’est pour ça qu’aujourd’hui il vaut mieux être en 2ème division, et offrir des victoires. Par exemple, quand on a été champion de D2, on a fait une moyenne de 1200 personnes dans la saison, et en 1ère division on a chuté à 700 personnes.

Quel est ton pire et meilleur moment ? 

Le pire moment, c’est l’année dernière avec une saison où on ne gagne pas, on savait que ça allait être difficile. Après, j’ai eu un autre pire moment, c’est lorsque j’étais entraîneur des moins de 15 ans du HC74, la première année, on avait une équipe pour être champion de France et on ne l’a pas été.

Et dans les meilleurs moments, c’est le titre ici à Clermont en 1999 en première division et le titre en moins de 15 ans au HC74 l’année suivant notre défaite.

Il y a les souvenirs avec les plus jeunes et avec les équipes seniors (rire).

Quelle est ta philosophie ? Qu’est-ce que tu inculques à tes joueurs ? 

J’essaie de leur inculquer la rigueur, d’être très exigeant avec eux-mêmes, ce qui n’est pas simple. Je parle aussi pour des entraîneurs n’ayant pas de joueurs professionnels, car il faut réussir à jongler avec leurs activités, leurs attitudes. J’essaie de leur inculquer une attitude professionnelle malgré leur statut qui ne l’est pas. Justement mon rôle de directeur sportif, est que dès leur plus jeune âge, je leur demande d’être exigeants en termes de préparation, d’entraînement, de faire attention à eux pour devenir des bons joueurs de hockey. Mais le plus important pour moi, c’est que nous ne sommes pas là pour former que des bons joueurs de hockey, mais qu’ils soient de bonnes personnes, on veut former des hommes.

Pour finir, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

De pouvoir développer nos infrastructures telles que des loges, mais aussi une salle de musculation, afin d’offrir de bonnes conditions d’entraînement à nos joueurs, et les former au top niveau. Pouvoir les garder et viser le haut niveau. La place du hockey de Clermont n’est pas en deuxième division, mais en première division. Et après avoir été bien solide en première division, pourquoi pas viser la Ligue Magnus.

 

Photos : A. Rigaud / HCCA Les Sangliers Arvernes

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